“Génération Saint-Étienne 1976 Les perdants magnifiques” de Hervé Joly (Atlande 2026).

GÉNÉRATION SAINT-ÉTIENNE 1976 LES PERDANTS MAGNIFIQUES (Hervé Joly)

Paru le 17 septembre 2026  aux éditions Atlande. 

En cette année éditoriale 2026, les hommages aux Verts de Saint-Étienne ne manquent pas. Cinquante ans après la finale perdue de Glasgow, les perdants les plus glorieux de l’histoire du football français font l’objet de nombreux ouvrages, de Denis Chaumier (Solar) à Benjamin Danet (Scotty) en passant par Patrick Mahé et Dominique Grimault (Marabout).

Une équipe de foot objet d’étude sociologique

L’ouvrage d’Hervé Joly paru aux éditions Atlande va plus loin que l’hommage aux hommes en vert. L’auteur, historien et directeur de recherche au CNRS, traite le sujet comme un objet de sociologie. Il a mené un long travail d’enquêtes et de statistiques sur chacun des joueurs qui a participé à l’épopée.

Son ouvrage pourrait se résumer en trois blocs : origine des hommes, genèse d’un groupe, vie d’une équipe et dispersion du groupe. La première partie nous emmène à la recherche de l’origine des joueurs, tant sur le plan géographique (enfants des provinces, descendants des flux migratoires…) que sur le plan social (origines populaires et ouvrières).  

La deuxième partie analyse comment l’on devient footballeur professionnel à l’AS Saint-Étienne : comment est-on recruté, comment concilier études et football, comment intégrer l’équipe réserve, comment surmonter le service militaire (obligatoire à l’époque), comment entrer dans l’équipe professionnelle… un long chemin où l’on perd des camarades à chaque étape. 

La lente génèse d’une équipe de légende

Hervé Joly analyse ensuite l’effectif professionnel de l’ASSE. Il explique combien les départs de glorieux anciens, celui de Bereta notamment, a été bénéfique dans la lente construction de l’équipe par Robert Herbin. Le recrutement de joueurs étrangers de qualité, le gardien Yvan Curkovic et l’Argentin Osvaldo Piazza, a également donné une assise solide à l’équipe, dont le reste est arrivé au club avant l’âge de vingt ans. 

Si aucun joueur n’est à proprement parler Stéphanois, le public les a adopté comme faisant partie des leurs. L’entraîneur Robert Herbin a su construire un groupe homogène, cohérent et stable. Tous n’étaient pas des footballeurs d’exception. Hervé Joly s’interroge d’ailleurs sur l’intégration des Verts en équipe de France, qui n’a jamais complètement fonctionné. 

Vient ensuite le lent délitement d’un groupe. Les joueurs quittent le club pour de nouveaux défis ou pour finir leur carrière dans une équipe plus modeste, tandis que le club opte pour une politique de vedettariat (Platini, Rep…) qui ne donnera pas les résultats escomptés. Viendra ensuite la fin de carrière, plus ou moins bien négociée, mais surtout le lien indéfectible qui unit chacun des hommes jusqu’à leurs vieux jours.

Il est rare qu’un livre explore à ce point les facettes sociologiques d’une équipe de football, aussi glorieuse soit-elle. Cette étude dit beaucoup du football des années 1970, de Saint-Etienne et des attentes du public. Un livre passionnant constitutif d’une collection, dirigée par Julien Sorez, qui ne l’est pas moins. 

“Génération Saint-Étienne 1976 Les perdants magnifiques” de Hervé Joly (Atlande 2026).
  • “Génération Saint-Étienne 1976 Les perdants magnifiques” de Hervé Joly (Atlande 2026). 488 pages. 120x177mm. ISBN:978-2384281312. Prix:21,00€. Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site des éditions Atlande.

Laisser un commentaire