Ouvrage paru le 29 janvier 2026 aux éditions Atlande.
Les Jeux olympiques d’hiver n’ont pas la même popularité que les « vrais » Jeux olympiques, ceux que l’on appelle parfois Jeux olympiques d’été. Les disciplines qu’on y pratique se limitent aux sports de glisse et de glace, et peu d’entre eux ont un véritable rayonnement international.
A l’ombre des Jeux d’été
Si les premiers Jeux olympiques de l’ère moderne ont été organisés en 1896, ceux d’hiver ont officiellement débuté vingt-huit ans plus tard, en 1924 à Chamonix. Ce rendez-vous hivernal, longtemps organisé quelques mois avant l’événement estival, avant de procéder à un décalage de deux ans à partir de 1994, lutte à chaque édition pour sa légitimité.
Un nouveau défi apparaît depuis la fin du vingtième siècle avec le réchauffement climatique et la prise de conscience environnementale, qui remet en cause l’existence même de l’événement. La plupart des sports d’hiver sont amenés à se transformer. Depuis 2018, les villes organisatrices des JO sont contraintes de privilégier les installations existantes plutôt que de construire de nouveaux équipements dont la pérennité post-olympique est incertaine.
Trois chercheurs en histoire du sport, Michaël Attali, Yohann Fortune et Louis Violette, proposent dans un ouvrage publié aux éditions Atlande de revenir sur l’histoire des sports d’hiver en détaillant l’évolution des disciplines phares (celles présentes aux Jeux), en prolongement de l’Histoire globale des sports olympiques que les mêmes auteurs avaient publié chez le même éditeur en 2024.
La premier sport d’hiver olympique
Le premier sport d’hiver à acquérir ses lettres de noblesse olympique fut le patinage artistique. La discipline est pratiquée dès 1908 aux Jeux de Londres, avant même l’existence des Jeux d’hiver. Elle intègre naturellement le programme de Chamonix 1924 puis devient un spectacle télévisuel de premier choix. La discipline reste sujette à controverse à cause de son système de notation contesté et de ses juges soumis à de fortes pressions extérieures, comme le démontra le scandale des Jeux de Salt Lake City en 2002.
Le hockey sur glace est également devenu olympique avant les Jeux d’hiver puisqu’il est présent dès 1920 à Anvers. Il représente la famille des sports collectifs au sein des sports d’hiver et assurent au Jeux une bonne audience télévisée. D’abord dominé par le Canada, le hockey voit ensuite l’émergence de l’URSS quand les meilleurs joueurs canadiens sont privés de Jeux, en raison de leur pratique professionnelle. A la manière du basket, le hockey olympique souffre pendant de longues années de ne pas pouvoir convoquer ses meilleurs joueurs. Le dogme amateuriste disparaît au cours des années 1990 et le hockey peut aligner, dès 1998, des dream teams avec les joueurs de NHL.
Un autre sport réputé spectaculaire, le patinage de vitesse, apparaît en 1924. Faute de champions hexagonaux, les épreuves passent relativement inaperçues en France mais restent très populaires de par le monde, notamment dans les pays scandinaves et du nord de l’Europe. Dans son histoire, la discipline a pris le pouls de la Guerre Froide quand les champions américains ont défié sut leur platebandes leurs homologues des pays de l’Est. Le patinage de vitesse, avec ses multiples courses sur plusieurs distances, est devenu la discipline qui distribue le plus de médailles au cours des Jeux d’hiver. En 1996, la discipline voit apparaître le short-track, illustrant la manie des autorités olympiques à inclure des ersatz de sports réputés pour agrémenter leur programme.
Ski nordique et ski alpin
Le ski de fond, apparu dès 1924, aurait dû être la discipline reine des Jeux d’hiver. Mais les nombreuses évolutions des formats de course, la forte domination des athlètes nordiques sur les podiums et la concurrence du ski alpin à partir de 1936 ont malmené la discipline au cours de son histoire. Le saut à ski connaît également un problème d’internationalisation puisqu’en dépit de son caractère spectaculaire, il reste confiné aux nations scandinaves et seul le Japon est parvenu à briser cette hégémonie. Le combiné nordique, qui associe les deux disciplines, manque quant à lui de visibilité, ses règlements étant peu compréhensibles par le novice. En outre, ne proposant pas d’épreuves féminines aux JO, la discipline semble condamnée à disparaître des programmes.
Comme le saut à ski, le bobsleigh a comme principal handicap le coût de ses installations, surtout lorsque les épreuves ont lieu dans des pays sans tradition. L’histoire déplore de nombreuses pistes de bobsleigh tout bonnement abandonnées ou disparues à l’issue des festivités olympiques. La prise de conscience environnementale qui oblige désormais les organisateurs à privilégier les installations existantes, pourrait à terme faire disparaître la discipline, pourtant spectaculaire, du programme olympique.
Le biathlon, issu des entraînements militaires, est paradoxalement devenu une discipline populaire pour son caractère télégénique. Il s’efforce d’inventer des épreuves destinées à accentuer son côté spectaculaire, mais il peine à attirer de nouveaux pays sur les podiums, à l’exception notable de la France depuis 1992. La discipline est appelée à évoluer son le plan technologique.
Quel avenir pour les Jeux d’hiver ?
Le ski alpin, intégré au programme olympique en 1936, est devenu la discipline reine des Jeux d’hiver. La descente, le slalom et leurs dérivés sont les rendez-vous phares des quinzaines olympique, au même titre que le cent mètres aux Jeux d’été.
Au total, quinze disciplines sont analysées, des plus traditionnelles, comme la luge aux plus récentes, comme le ski artistique acrobatique, le snowboard, le skicross et le ski-alpinisme, nouvellement adopté à Cortina d’Ampezzo en 2026, et dont les puristes craignent une dilution de l’esprit initial. Les auteurs regrettent, dans leur propre livre, l’absence d’un chapitre sur le curling, pour lequel ils expliquent n’avoir trouvé aucun spécialiste suffisamment compétent pour en raconter l’histoire et l’évolution.
Les sports olympiques d’hiver restent un cas spécifique de disciplines qui nécessite un dispositif géographique et des conditions météorologique particulières. Leurs Jeux perdurent en dépit d’un faible développement de la pratique au niveau international. Leur avenir est en outre compromis pour des raisons environnementales. Cela n’empêche pas de lire ce passionnant ouvrage appelé à faire référence.

- « Une histoire des sports olympiques d’hiver » par Michaël Attali, Yohann Fortune, Louis Violette (Atlande 2026). 450 pages. 150x210mm. ISBN:9782384281114. Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site des éditions Atlande.













Sport à lire sur Instagram