Une histoire sportive de la guerre froide

UNE HISTOIRE SPORTIVE DE LA GUERRE FROIDE (Sylvain Dufraisse)

Paru le 31 mai 2023 aux éditions Nouveau monde

En 1945, l’URSS et les États-Unis entrent en guerre. Du moins, les deux grandes puissances mondiales font clairement état de leur hostilité réciproque en faisant peser sur la planète la menace d’un conflit nucléaire. Le monde est coupé en deux, entre blocs de l’Est et de l’Ouest, définissant les pays qui adhèrent, de gré ou de force, au capitalisme ou au communisme.

La guerre par d’autres moyens

C’est le journaliste américain Walter Lippman qui le premier emploie le terme de Guerre Froide. Plus de quarante ans de menaces et de tensions, un conflit qui se règle par procuration dans des combats dans quelques points du globe. La guerre froide est aussi une guerre de propagande. Qui trouve notamment son expression sur le terrain sportif. A partir de 1952, les Jeux olympiques opposent les champions des deux blocs. Le ton est donné pour l’ensemble des épreuves sportives internationales jusqu’à la désagrégation de l’Union Soviétique en 1991.

Les champions deviennent malgré eux les symboles d’une idéologie ou d’une autre. Et le stade, en dépit de l’apolitisme revendiqué par ses organisateurs des grandes manifestations sportives, devient le champ de la rivalité est-ouest. Sylvain Dufraisse, agrégé d’histoire et docteur en histoire contemporaine, maître de conférence à l’université de Nantes, nous donne le récit de cette guerre poursuivie par d’autres moyens.

« Une histoire sportive de la Guerre froide » (édition Nouveau Monde) raconte par la force des choses l’histoire du sport mondial à partir de 1945, où les deux puissances se mettent face à face comme sur un ring de boxe. Les Jeux olympiques servent principalement de théâtre à cette rivalité où se mêlent autant d’attitudes hostiles que de gestes de fraternité.

Géopolitique du stade

Dans les années soixante, la rivalité entre les deux blocs est contestée par des nations nouvelles, notamment celles issues de la décolonisation. Les pays d’Asie se mettent à la recherche d’une alternative aux Jeux olympiques en organisant les Jeux de nouvelles forces émergentes (GANEFO). L’Afrique quant à elle fait entendre sa voix, revendique son point de vue et n’hésite pas à orchestrer le premier boycott de masse en 1976, avant même que les deux puissances n’appliquent ce principe en 1980 et 1984.

Au-delà des Jeux, le monde sportif n’échappe pas aux humeurs de la géopolitique internationale. Les épreuves internationales d’athlétisme, de natation, de gymnastique, de basket-ball, de hockey sur glace sont autant de rendez-vous disputés sur un baril de poudre. Même un championnat du monde d’échecs en 1972 attise les passions. Le discret tennis de table parvient quant à lui à dégeler autour d’une table les relations entre les États-Unis et une nouvelle puissance, la Chine.

La Coupe du monde de football, autre grande épreuve au rayonnement universel, est moins impactée que les Jeux par les conflits. Sans doute parce que les États-Unis n’avaient pas d’équipe assez performante pour y être représentés et que les Pays de l’Est n’y brillaient que par intermittence. Un RDA-RFA en 1974 a toutefois invité la Guerre froide sur les terrains de foot malgré un enjeu sportif amoindri.

Le sport dans son ensemble fut malgré tout un acteur de la Guerre froide et trois cent cinquante pages ne sont pas de trop pour évoquer ce qui reste une période de l’histoire aussi glaciale que passionnante.

Une histoire sportive de la guerre froide
  • “Une histoire sportive de la guerre froide” de Sylvain Dufraisse (édition Nouveau Monde, 2023), 350 pages, 14cm x 22cm. En vente dans toutes les bonnes librairies et sur le site de l’éditeur Nouveau monde.

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