L'homme qui n'est jamais mort Olivier Margot

L’HOMME QUI N’EST JAMAIS MORT (Olivier Margot)

Roman biographique publié en janvier 2020 aux éditions JC Lattès.

Dans les années 1930, l’équipe nationale d’Autriche pratiquait un football merveilleux, à tel point qu’on l’avait surnommée le Wunderteam. L’entraîneur Hugo Meisl faisait pratiquer à ses joueurs un football collectif où le ballon roulait au sol d’un joueur à l’autre dans un tourbillon de passes précises et de tirs qui ne l’étaient pas moins. A la pointe de l’attaque de cette équipe figurait un joueur exceptionnel, Matthias Sindelar.

Le Mozart du football

On l’avait surnommé le Mozart du football tant son jeu était empreint d’une musicalité quasi-parfaite. Un autre surnom est également resté à la postérité, l’Homme de papier, tant son corps semblait chétif dans un monde où la brutalité était de mise. Olivier Margot, journaliste de L’Équipe et auteur de nombreux ouvrages sur le sport, a rédigé un roman biographique célébrant celui qui fut l’une des plus grandes vedettes du football d’avant guerre.

Outre ses exploits sur les terrains, l’histoire de Matthias Sindelar a pris une dimension historique quand son pays a été confronté au nazisme. Lui-même juif, il avait refusé d’intégrer l’équipe d’Allemagne à la suite de l’Anschluss de mars 1938. On apprendra sa mort en 1939 dans des conditions qui n’ont jamais été vraiment expliquées.

Le récit d’Olivier Margot revient donc aux origines de l’avant-centre de l’Austria Vienne, natif de Moravie en 1903 et qui a suivi, à l’âge de cinq ans, ses parents installés à Vienne dans le quartier ouvrier de Favoriten. L’auteur s’efforce de respecter la vérité historique, mais il agrémente son récit de quelques passages fictionnels, glissant des dialogues dans sa vie intime et dans le secret des vestiaires.

L’homme de papier

L’auteur insiste sur la dimension artistique du jeu que pratiquait Sindelar et ses coéquipiers. Face au football originel des Anglais qui privilégiait le combat physique, ou celui plus brutal pratiqué par l’Italie et auquel aspirait l’Allemagne, les pays de l’Europe centrale comme l’Autriche, la Hongrie ou la Tchécoslovaquie pratiquait un football inspiré des entraineurs écossais venus l’enseigner, à base de passes et de mouvements collectifs.    

Le roman prend toute sa dimension quand plane l’ombre du nazisme sur la vie des Autrichiens, partagés entre résistance et collaboration. Les footballeurs, portés aux rangs d’idoles de la nation, sont contraints de laisser gagner les équipes allemandes ou d’intégrer l’équipe nationale pour la Coupe du monde 1938. Matthias Sindelar avait choisi de ne pas servir la cause du pouvoir nazi et se refusa à toute comprimission. 

Si sa mort a été déclarée comme un suicide, il est probable que Matthias Sindelar ait été tué, victime de ses prises de position. La biographie quelque peu romancée d’Olivier Margot mêle ainsi la vie d’un sportif confronté aux tourments de son époque et de son pays. 

L'homme qui n'est jamais mort Olivier Margot
  • « L’homme qui n’est jamais mort » d’Olivier Margot (2020, éditions JC Lattès).  200 pages. 130x205mm. Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site des éditions JC Lattès.

A propos de Matthias Sindelar, de l’Autriche et du Wunderteam