Antoine Blondin "L'ironie du sport" (1988)

L’IRONIE DU SPORT (Antoine Blondin)

Recueil paru en 1988 aux éditions François Bourin. Préface de Jacques Laurent. 

De 1954 à 1982, Antoine Blondin a écrit pour le journal L’Équipe plus de sept-cent chroniques sportives. Les plus fameuses sont celles qui traitent du Tour de France (il en a suivi vingt-huit d’affilée), mais il a également rédigé pour les Jeux olympiques d’été (il était présent à cinq éditions), pour les championnats d’Europe d’athlétisme, pour le Tournoi des V nations et bien d’autres. Une vingtaine de disciplines différentes auraient fait l’objet de ces chroniques. 

La rencontre du sport et de la littérature

En 1988, les éditions François Bourin publient un recueil de deux-cent chroniques sportives rassemblées sous le titre de L’ironie du sport. L’ouvrage, préfacé par Jacques Laurent (l’auteur des Bêtises), compte 454 pages et permet de redécouvrir le journalisme sportif à travers l’un des écrivains les plus singuliers de sa génération.

Pendant près de trois décennies, l’auteur de “L’Europe buissonnière”, de “Les Enfants du bon Dieu”, de “Un singe en hiver” a couvert le sport avec gourmandise. Doté d’une réelle connaissance technique, notamment en matière de cyclisme, d’athlétisme et de rugby, il mettait avant tout en avant un style. Plutôt qu’un compte-rendu, il livrait au quotidien quelques pièces littéraires d’envergure où il n’hésitait pas à glisser quelques jeux de mots, notamment dans les titres de chroniques qui étaient une véritable signature.

Quand il suivait chaque été le Tour de France, Blondin transmettait sa chronique à la manière des autres journalistes du peloton, par téléphone auprès de la rédaction, une urgence qui au lieu d’altérer son style l’a au contraire rendu plus fluide, plus direct et plus riche encore. Blondin aime assembler les mots pour leur sonorité et les opposer pour dévoiler leurs sens cachés.

La madeleine de la presse sportive

C’est peu dire que Blondin a beaucoup œuvré dans le rapprochement du sport et de l’écriture. Il a su faire du Tour de France une épopée littéraire, comme le dessinateur Pellos avait su en créer un univers fait de monstres et de héros. De nombreux journalistes sportifs avouent avoir trouver leur vocation grâce aux textes de Blondin, et d’avoir repoussé les frontières de la chronique sportive en y intégrant quelques effets littéraires qui semblaient alors réservés au roman.

L’ironie du sport se lit au jour le jour et permet d’apprécier le style unique de Blondin, capable d’être sérieux tout en glissant des notes d’humour, capable d’être mordant tout en restant bienveillant. Une lecture indispensable.

Antoine Blondin "L'ironie du sport" (1988)
  • “L’ironie du sport” d’Antoine Blondin (1988, éditions François Bourin). Préface de Jacques Laurent. 454 pages. 140x225mm. ISBN:9782876860087.