Récit autobiographique publié le 22 janvier 2026 aux éditions Guérin/Paulsen. Préface de Lynn Hill.
Nina Caprez est une figure majeure du monde de l’escalade. La jeune Suissesse ne rêve que de montagne. Championne d’escalade à de multiples reprises, elle quitte toutefois le monde de la compétition à l’âge de vingt-trois ans pour se consacrer à l’escalade libre, où elle ne défie plus des adversaires dans un parcours tracé, mais bien la montagne elle-même où elle ouvre des voies selon l’expression consacrée.
Fille de la montagne
Elle consacre ainsi sa vie à la manière d’une influenceuse sur les réseaux sociaux. Elle finance ses exploits grâce à des sponsors qu’elle rend visibles dans des films consacrés à sa discipline et à ses exploits. Elle voue ainsi sa vie à l’escalade, au point de sacrifier sa vie sentimentale, notamment sa relation très médiatisée avec le grimpeur suisse Cédric Lachat.
C’est ce qu’elle évoque dans son autobiographie au titre emprunté à Romain Gary « La voie devant soi » (Emile Ajar nous soufflent les puristes), écrite en anglais, traduite en français par Charlie Buffet et publiée dans la collection Guérin des éditions Paulsen, avec une préface complice signée par la référence Lynn Hill.
La championne revient sur les principaux moment de sa vie : fille de la montagne, son enfance est marquée par l’absence de son père. Elle avoue ne pas en être directement affectée (elle n’avait que trois ans quand est survenu le drame) mais elle a dû supporter la dépression de sa mère. La jeune fille découvre alors l’escalade, qui deviendra une passion plus que dévorante.
A la conquête du Nose
C’est bien le sujet qui anime la lecture de l’ouvrage. La jeune fille semble heureuse de vivre chaque jour sa passion et de progresser dans la performance, mais on sent poindre en elle un regret, quelque chose d’imperceptible, l’idée d’une bulle qu’elle s’est construite autour d’elle, d’où il lui tarde de sortir.
Un jour de 2019, elle atteint le sommet de sa carrière à trente-trois ans. Elle tente alors de libérer The Nose en escalade libre. Il s’agit de la voie la plus difficile du monde. Elle est tracée sur El Capitan, un monolithe de granit de près de mille mètres de haut dans la vallée de Yosemite, en Californie. Après neuf cent mètres verticaux, la championne suisse n’est plus très loin de rééditer l’exploit de son amie Lynn Hill. C’est alors qu’un imprévu va bouleverser son destin.
Le livre s’arrête là où on aurait aimé qu’il se poursuive. Sa vie jusqu’alors a été rythmée par la performance, par le goût de se dépasser de manière obsessionnelle. Et sans doute était-elle sur la mauvaise voie, sans jeu de mot.
Il est à noter que le récit emprunte beaucoup au vocabulaire spécifique de l’escalade, mais que l’auteur (ou l’éditeur) a eu la bonne idée de consacrer une page, en fin d’ouvrage, au décryptage du jargon de l’escalade libre.

- “La voie devant soi” de Nina Caprez (2026 Guérin/Paulsen). 176 pages. 150x210mm. ISBN:978235221-5820. Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site des éditions Paulsen.
















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