Moi, Lucho (Luc Leblanc)

MOI, LUCHO (Luc Leblanc)

L’important c’est de rester vivant.

Autobiographie parue le 25 mai 2023 aux éditions Solar. Préface de Erik Orsenna.

On a tous quelque chose en nous de Luc Leblanc. Le goût du panache et de la beauté du sport. Des événements douloureux qui hantent la mémoire. Une fierté d’avoir réussi malgré les tacles de la vie.

Jaca, Avize, Hautacam, Agrigente

On avait découvert Luc Leblanc lors du Tour de France 1991 quand il se lança à la conquête d’une victoire d’étape à Jaca, en Espagne où après avoir mené toute la course, il est battu dans les derniers kilomètres par Charly Mottet. Qu’importe, Luc Leblanc enfile le Maillot Jaune. Il devra le céder dès le lendemain à un champion espagnol qui commence à marquer l’histoire du Tour de son empreinte, Miguel Indurain.

Un an plus tard, Luc Leblanc s’échappe vers Avize (Marne) et ne laisse à personne l’espoir de remporter le championnat de France et d’endosser pour un an le maillot bleu-blanc-rouge.

On le retrouve ensuite sur les hauteurs brumeuses d’Hautacam, en juillet 1994 à l’issue d’une étape où Miguel Indurain, en jaune, s’était lancé pour rattraper Marco Pantani. Le Français restait accroché au champion espagnol puis une fois l’Italien rattrapé, distança le Maillot Jaune sur les derniers mètres pour remporter l’étape dans le brouillard. La plus belle de sa carrière.

Puis ce fut Agrigente, un championnat du monde disputé en Sicile qui se termine par un match France-Italie, un final disputé par Claudio Chiappucci, Massimo Ghirotto, Richard Virenque et Luc Leblanc. A 700 mètres de l’arrivée, au plus fort de la pente, Luc Leblanc place une accélération qui laisse Ghirotto sur place. Derrière, Chiapucci tente de réagir, mais il est bloqué par Virenque qui reste dans sa roue. Quand le cyclisme devient un sport d’équipe… Luc Leblanc devient champion du monde, quatorze ans après Bernard Hinault.

Une vie de souffrance, l’envie d’en finir

Luc Leblanc, ce sont des milliers de souvenirs d’un champion pas comme les autres, qui n’hésitait pas à exprimer les émotions et ses souffrances. La vie n’a jamais épargné ce champion. A l’âge de 8 ans, lui et son frère sont fauchés par une voiture. Son frère n’y survit pas et lui est grièvement blessé.

Sa carrière, marquée par des exploits, fut aussi marquée par des souffrances. Il ne s’entandait pas avec les autres champions français de l’époque, Laurent Fignon et Richard Virenque. Il s’essaya au dopage au sein de l’équipe Festina et le regretta très vite. Il rejoignit l’équipe d’un étrange commanditaire, Le Groupement, qui explosa en plein vol.

Sa carrière terminée, Luc Leblanc n’en a pas fini avec les ennuis. De mauvais placements et un redressement fiscal le mettent sur la paille. Il décide de mettre fin à ses jours puis, le fusil sous la gorge, se dit finalement que l’important, c’est de rester vivant. Ruiné et vivant de petits contrats, l’homme aux trois maillots (le Jaune du Tour, l’Arc-en-ciel et le Bleu-blanc-rouge) publie enfin ses mémoires. L’ouvrage est publié aux éditions Solar.

Moi, Lucho (Luc Leblanc)
  • « Moi, Lucho, l’important, c’est de rester vivant » de Luc Leblanc (Solar 2023). Préface de Erik Orsenna. 304 pages. 14×22,5cm. 19,90 €. Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site de l’éditeur Solar.
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