Hors-série Ouest-France paru en juin 2025.
Qui aurait pu prédire, en 1985, que lorsque Bernard Hinault remporta le cinquième Tour de France de sa carrière, aucun cycliste français n’ajouterait son nom au palmarès de l’épreuve ? Alors que démarre le Tour de France 2025, cela fait désormais quarante ans que la France attend son nouveau Maillot Jaune.
Quarante ans d’espoirs envolés
Une situation comparable aux internationaux de France de tennis, du moins son tournoi messieurs, qui attendent un successeur à Yannick Noah depuis 1983. Les grandes épreuves organisées chaque années dans l’hexagone seraient-elles maudites pour nos champions ? Les prétendants n’ont pourtant pas manqué. A commencer par Laurent Fignon, le dernier rival du Blaireau, à qui il manqua huit petites secondes en 1989 pour lui succéder. Avant lui, en 1987, on avait vu Jean-François Bernard aller chercher le Maillot Jaune au sommet du Ventoux et postuler comme premier successeur avant qu’une défaillance ne ruine ses espoirs dès le lendemain.
C’est à ces perdants magnifiques que le hors-série de Ouest-France consacre une centaine de pages, riche en textes, en photos et en espoirs envolés. Le magazine s’ouvre sur une interview de Bernard Hinault qui avoue être malheureux de ne pas encore avoir eu de successeur. L’idole des années 1978-1985 revient essentiellement sur son parcours puis donne son avis sur ses héritiers sans couronne.
A Jean-François Bernard et Laurent Fignon succède Charly Mottet, quatrième du Tour 1987 puis quatrième à nouveau quatre ans plus tard alors que l’Espagnol Miguel Indurain débutait un règne implacable. Plus tard, c’est Luc Leblanc qui remporte quelques étapes et caracole en tête du classement général, mais il n’aura pas la réussite qu’il connaît lors des championnats du monde d’Agrigente en 1994. Il succède bien à Hinault, mais en arc-en-ciel et pas en Jaune.
A quand un Français vainqueur du Tour ?
A partir de 1995, dix ans sans Français, cela commence à faire long. Laurent Jalabert se lance dans la quête du graal. Coureur complet, il remporte le vert des sprinteurs puis le maillot à pois des grimpeurs, mais jamais le jaune du général, malgré quelques belles victoires d’étape. A ses côtés, Richard Virenque décroche la deuxième place du Tour 1997, porté par une immense popularité sur les routes du Tour, mais dont la carrière sera emportée dans les tourbillons de l’affaire Festina.
C’est une succession de récits passionnants et passionnés que propose cette revue, concoctés par Maxime Baron, Jérôme Bergot, Gaspard Bremond, Quentin Burban, Baptiste Cogné, Vincent Coté, Dominique Faurie, Alvin Koualef, Dylan Lemée, Arthur Pineau, Didrick Pomelle, Jérémy Proux, Christophe Richard, fine fleur rédactionnelle du pool sport du quotidien breton.
Les années 2000 voient l’émergence de Christophe Moreau, quatrième du Tour à une époque où l’épreuve reine subit la plus grande escroquerie de son histoire sous le règne de celui dont le nom a été retiré des palmarès. A partir de 2004, c’est Thomas Voeckler qui porte les espoirs tricolores : dix jours en jaune en 2004, dix jours en jaune en 2011, mais rien de mieux qu’une quatrième place à l’arrivée.
Le successeur de Hinault est-il né ?
En 2014, Jean-Christophe Péraud et Thibaut Pinot posent sur le podium final aux côtés du vainqueur italien Vincenzo Nibali. Le premier est issu d’un parcours atypique qui le voit se frotter aux meilleurs à un âge canonique, alors que le deuxième ne sera pas très loin du but, en 2019, mais devra abandonner à deux jours de l’arrivée à Paris.
Entre-temps, Romain Bardet donne également des raisons d’espérer, terminant derrière l’indomptable Chris Froome. Quant à Julian Alaphilippe, ses deux titres consécutifs de champion du monde sur route nous consolent à peine de ses rendez-vous manqués avec le Tour de France. La France a également espéré avec le Breton David Gaudi, quatrième du général en 2022, mais trop loin des temps du podium.
Les dernières pages du hors-série posent alors la question : Le successeur de Bernard Hinault est-il né ? Et si le successeur du Blaireau était finalement une femme, alors que le Tour féminin retrouve droit de cité ? Pendant ce temps, Bernard Hinault espère et attend.

- “Les héritiers sans couronne de Bernard Hinault” (Hors série Ouest-France, juin 2025). Disponible chez tous les marchands de journaux.

















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