Yannick Noah "1983"

1983 (Yannick Noah & Antoine Benneteau)

Publié le 17 mai 2023 aux éditions Flammarion

On a tous quelque chose en nous de Yannick Noah. Une rage de vaincre portée par une décontraction de tous les instants. Une classe naturelle. Et un souvenir ému du 5 juin 1983.

Quarante ans ont passé

Les images sont inscrites dans l’inconscient collectif. Sous un chaud soleil dominical, sur la terre battue de Roland-Garros, Mats Wilander envoie une balle hors des limites du court. Yannick Noah se retourne, constate que la balle est out et tombe à genoux. Son rêve se concrétise : Il remporte les internationaux de France de tennis.

Yannick Noah ne touche alors plus terre, fut-elle battue. Il serre la main de son adversaire sans même le regarder. Son regard s’est tourné vers la tribune d’où son père est descendu. On devine sur ses lèvres que le champion crie « Papa » et il va se jeter dans ses bras.

Quarante ans ont passé. Aucun autre tennisman français n’est parvenu depuis à remporter un tournoi du chelem. Et avant cela, ce fut un désert comparable, presque quarante ans sans le moindre cocorico porte d’Auteuil. Ce qui donne la portée de l’exploit de Yannick Noah le 5 juin 1983.

La terre battue de Roland-Garros

Il fallait un livre pour commémorer cet événement, pour raconter son histoire, ses coulisses, et aussi ses conséquences. Antoine Benneteau, lui même ancien tennisman pro, s’est chargé de mettre en page les propos de l’intéressé. Noah parle de Noah, de Sedan sa ville natale, du Cameroun où il a vécu petit, et dont il porte fièrement les couleurs du drapeau sur le poignet-éponge. Il parle de Nice, où il apprend le métier de tennisman, puis Nainville-les-Roches, New York, Phoenix… Il y a notamment cette anecdote extraordinaire où un futur champion demanda un autographe au vainqueur de Roland-Garros. Et quel champion !

Mais surtout Noah parle de Roland-Garros 1983. Cette quinzaine magique où chacun des adversaires est passé en revue : Le Paraguayen Victor Pecci, ancien finaliste du tournoi, l’Américain Pat Dupré, l’Australien John Alexander, qui a sorti Gerulaitis au tour précédent, le Tchécoslovaque Ivan Lendl, ennemi intime de Noah, le copain Christophe Roger-Vasselin, tombeur de Connors en quart, et enfin Mats Wilander, le tenant du titre.

On lit avec plaisir la succession de courts chapitres de « 1983« . Noah nous parle comme s’il mangeait à notre table, raconte ses exploits sans se la raconter, revendique son indépendance sans donner de leçon à qui que ce soit. A ses côtés, Antoine Benneteau nous donne quelques précisions, des fois que le propos du champion nous échapperait. Aucun des deux ne tire ostensiblement sur la fibre nostalgique. On revit l’exploit au présent. Quand le livre se termine, on le referme comme on termine une agréable discussion, avec des mecs sympas.

Yannick Noah "1983"
  • « 1983 » de Yannick Noah et Antoine Benneteau. 218 pages. 14,5×22 cm. EAN : 9782080284242. Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site de l’éditeur Flammarion.
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