Ouvrage paru le 19 mai 2021 aux éditions Flammarion. Traduction de l’Anglais par Guillaume Villeneuve.
Le livre “Héros et nageurs”, paru en 1992 en langue anglaise, n’a été traduit en Français, par Guillaume Villeneuve qu’en 2019, privant pendant vingt-sept ans le public francophone de ce qui est unanimement considéré comme le plus beau livre jamais écrit sur la nage.
Le plus bel ouvrage jamais écrit sur la nage
Son auteur Charles Sprawson a appris à nager dans des circonstances peu habituelles. C’est dans les caves inondées du palais d’un maharadjah, dans l’Inde britannique, qu’il a découvert les joies de la nage, avant de parfaire sa technique dans les eaux plus claires de la Méditerranée, en Grèce, près de l’antique cité de Cyrène.
Toute sa vie sera ainsi consacrée à la nage, à tel point qu’elle sera le sujet du seul ouvrage qu’il n’ait jamais écrit. Dans “Héros et nageurs”, Sprawson nous entraine dans le monde passionnant de la nage, son histoire, sa géographie, sa littérature, ses représentations artistique et bien entendu ses compétitions sportives. Son récit nous conduit de la Grèce antique à la Polynésie, de l’Angleterre victorienne aux premiers Jeux olympiques modernes.
L’auteur parvient à livrer une véritable encyclopédie tout en gardant une lecture digeste. Son érudition respire grâce à quelques touches d’humour typically british et des éléments purement autobiographiques qui donnent du sens au récit.
De l’Antiquité aux Jeux olympiques
L’histoire de la nage, selon l’auteur, commence dans l’Antiquité. Les Grecs voient en l’eau un élément divin, aussi accueillant que redouté. Les Romains en font un élément familier, en construisant des fontaines et des thermes. Il est déjà mal vu de ne pas savoir nager. Mais le christianisme rompt cet élan, voyant dans la nage une forme d’érotisme et rendant la pratique quasiment inexistante jusqu’au XIXe siècle.
La pratique de la nage revient dans l’Angleterre de l’époque victorienne, ce qui constitue une grande part de l’ouvrage de Sprawson. Celui-ci raconte la création en 1828 de la première Swimming Society à Eton. Il évoque le poète Lord Byron (1788-1824), excellent nageur qui avait, en 1810, traversé l’Hellespont, un bras de mer qui sépare la Grèce de la Turquie, chargé de mythologie (Héro et Léandre). On découvre également le nom de Algernon Swinburne (1837-1909), cet excentrique qui n’aimait rien tant que se mettre en danger dans les flots, et qui fut sauvé de la noyade en 1868 à Étretat par… Guy de Maupassant.
Le nom de Flaubert apparait également au fil des pages, tout comme ceux de Goethe, Mishima, Gide, Jack London, Paul Valéry… tous ayant pour point commun un goût prononcé pour l’eau et la nage.
La nage est aussi un sport
En matière de sport, Sprawson évoque les Jeux olympiques et les premiers héros de la discipline, notamment l’inévitable Johnny Weissmuller, mais aussi les plongeurs suédois qui créèrent le saut de l’ange, et les nageurs japonais qui firent irruption aux Jeux olympiques de 1932. On retrouve également Annette Kellermann, pionnière du ballet nautique, ou la championne Esther Williams devenue une vedette à Hollywood dans les chorégraphies aquatiques.
“Héros et nageurs” ne manque pas de références et leur flux peuvent parfois dérouter. L’ouvrage toutefois est une formidable plongée dans l’histoire de la nage, tellement captivante qu’elle semble un élément essentiel de l’activité humaine, au-delà même de la compétition.

- “Héros et nageurs” de Charles Sprawson, paru en 1992. Traduction française de Guillaume Villeneuve (2021, éditions Flammarion). 368 pages. 110x176mm. ISBN:978-2081521438. Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site des éditions Flammarion.












