anti-héros de la Coupe du monde

LES ANTI-HÉROS DE LA COUPE DU MONDE DE FOOTBALL (Ianis Periac)

Paru le 10 novembre 2022 aux éditions Braquage.

Depuis 1930 et sa première édition, chaque Coupe du monde nous invite à célébrer ses héros : les joueurs de l’équipe vainqueur, le meilleur buteur du tournoi et les joueurs les plus en vue, qu’il s’agisse des vedettes annoncées ou des brillants méconnus qu’on nomme révélations.

Galerie de portraits

Ces héros ne sont pourtant pas les seules figures qui restent dans nos souvenirs à l’issue des phases finales. Nous célébrons certes plus souvent les vainqueurs, mais nous nous attachons aussi à certains perdants pour des raisons un peu plus difficiles à déterminer. Probablement le regret de ne pas l’avoir vu forcer son destin.

Le journaliste Ianis Periac (auteur du remarquable « Foot thérapie« , éditions Braquage, 2021) donne à ces figures le titre de anti-héros et en rassemble quelques uns dans une galerie de portraits pour le moins hétéroclite.

Difficile de trouver la caractéristique commune des anti-héros de la Coupe du monde que liste son ouvrage : une lose poisseuse ? une incapacité à se fondre dans le collectif ? un désir exacerbé de liberté ? un goût prononcé pour la provocation ? un rejet de la norme imposée par le milieu ?

Rebelles sans cause précise

Quel point commun entre Carlos Caszely, encensé pour son opposition à Pinochet et hué pour ses deux Coupes du monde ratées, et Nicolas Anelka, rebelle sans cause précise ? Entre René Higuita, gardien à la témérité punie, et Moacir Barbosa, coupable idéal d’une défaite inattendue ? Entre Sócrates, perdant magnifique du grand Brésil de 1982, et Fabio Grosso, gagnant d’un titre trop grand pour lui ? Entre Rashidi Yekini, buteur boycotté par ses propres coéquipiers, et Karina Maryyama, dont le tir croisé propulse l’équipe vers le plus incroyable des titres mondiaux ?

Que dire en outre de Carlos Bilardo, entraîneur éminemment négatif, Gérard Piqué, régionaliste assumé, Gigi Meroni, qui oublie son génie lors du seul match de Coupe du monde de sa carrière, Johnny Warren, capitaine oublié de l’équipe d’Australie, Rachid Mekhloufi, l’homme qui refusa 1958 pour mieux éblouir 1982, Quini, le buteur séquestré, Paul Gascoigne, le bad boy aussi ridicule que flamboyant, Karl-Heinz Förster, l’élégance faite défenseur d’une équipe de bourrins, et… Pickles, le chien qui retrouva la Coupe du monde perdue juste avant le tournoi de 1966 ?

« Les anti-héros de la Coupe du monde de football » est avant tout une belle galerie de portraits de personnages un peu en marge ou au destin particulier, que l’on aime un peu et que l’on déteste parfois. Ianis Periac rend hommage à chacun d’eux dans un style tranché.

anti-héros de la Coupe du monde
  • « Les Anti-Héros de la Coupe Du Monde De Football » (Les éditions Braquage) de Ianis Periac. 206 pages. 22,00 €.

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