Kornelia Ender (Vincent Duluc)

KORNELIA (Vincent Duluc)

Récit paru le 28 février 2018 aux éditions Stock

Kornelia Ender était une nageuse est-allemande. Lors des Jeux olympiques de 1976 à Montréal, alors qu’elle n’avait que 18 ans, elle avait remporté quatre médailles d’or en établissant à chaque finale le record du monde (100m nage libre, 200m nage libre, 100m papillon et 4×100m 4 nages). Elle était blonde et jolie, et le jeune Vincent Duluc en était tombé fou amoureux.

Un amour perdu

Le jeune adolescent lyonnais n’ignorait pourtant pas que la belle championne convolait avec Roland Matthes, de huit ans son aîné, vainqueur de quatre médailles d’or en 1968 et en 1972 dans ce qui était son domaine de prédilection, la nage dos. Aujourd’hui encore, il est considéré comme l’un des meilleurs dossistes de l’histoire.

La réputation de Kornelia Ender s’est quelque peu écornée au fil des années quand on a compris, bien plus tard, que ces jeunes femmes de RDA qui dominaient les bassins étaient soumises à un programme intensif de conditionnement et de dopage.

Vincent Duluc évoque Kornelia comme un amour perdu de sa jeunesse. Devenu journaliste pour L’Équipe, il a voulu la retrouver de longues années plus tard à Schornsheim. Il réalisa alors qu’elle était devenue une femme de soixante ans et qu’elle ne devait probablement plus être la blonde championne qu’il adulait. Il décida alors de renoncer à cette rencontre pour ne garder d’elle que le souvenir de Montréal.

Une histoire olympique

Comme il l’avait fait pour George Best, Vincent Duluc raconte la carrière de Kornelia Ender en mêlant les données biographiques à ses propres souvenirs. Les émotions prennent parfois le dessus sur les performances de la jeune championne, révélée à Munich en remportant trois médailles d’argent à quatorze ans.

En parcourant amoureusement la carrière de Kornelia, Vincent Duluc évoque sa rivalité avec l’Américaine Shirley Babashoff, qui symbolisait la dualité est-ouest qui conditionnait l’histoire olympique durant les années de la Guerre froide. Montréal constituera en 1976 l’apogée de sa carrière, poussant le jeune Duluc à se lever en pleine nuit pour assister à la télévision aux finales des épreuves de natation.

Le même Duluc devenu romancier publie une magnifique biographie romancée de la championne qui illumina ses rêves d’adolescent et sur laquelle le journaliste s’interrogea par la suite, comme il s’interrogea sur ce curieux pays qui n’a vécu que quarante ans et qui a malgré tout engendré de nombreux champions.

Kornelia Ender (Vincent Duluc)
  • « Kornelia » de Vincent Duluc (Stock, 2018). 256 pages. 136x215mm. EAN : 9782234083417. Egalement disponible en poche aux éditions Le Livre de Poche (2021). Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site de l’éditeur Stock.

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