J'entends la neige brûler Christian Montaignac

J’ENTENDS LA NEIGE BRÛLER (Christian Montaignac)

Roman publié en 2002 aux éditions JC Lattès.

A Las Vegas, un vieil homme en fauteuil roulant raconte les grands moments de sa vie à travers des flashbacks. Cet homme est une légende. C’est le boxeur Joe Louis, champion du monde des poids lourds entre 1937 et 1949.

Le bombardier noir 

Né en mai 1914 en Alabama, Joe Louis avait une ascendance multiple, avec un père issu d’un mariage mixte et une mère cherokee. Lorsqu’il était enfant, sa famille a subi le harcèlement de membres du Ku Klux Klan, qui l’a forcé à déménager dans les années 1920 vers Detroit.

La boxe devient un échappatoire nécessaire pour le gamin. Vainqueur de nombreux combats par KO en amateur, il passe professionnel en 1934 et conquiert le titre mondial des Lourds à vingt-trois ans après avoir mis Jim Braddock KO. Il conservera son titre pendant onze ans.

En dépit de sa couleur de peau, Joe Louis est devenu une figure populaire aux Etats-Unis. Le Bombardier Noir, tel que le surnomme la presse, s’engage dans l’armée américaine pendant la deuxième guerre mondiale et se charge du maintien du moral des troupes en effectuant une centaine de combats exhibition. Durant son règne, il dispute vingt-cinq combats titres en jeu et en termine la plupart par KO de l’adversaire. En 1949, il se retire des rings tout en restant détenteur du titre mondial des Lourds. 

Le champion et l’homme tourmenté

J’entends la neige brûler”, paru aux éditions JC Lattès, n’est pas vraiment une biographie du champion. Le journaliste Christian Montaignac, qui se transforme aisément en romancier, utilise plutôt son personnage pour dépeindre une Amérique de la première moitié du XXe siècle, où la ségrégation raciale envers les Afro-Américains sévit encore.

Avec la plume alerte, alternant malice verbale et sommets de poésie, l’auteur nous plonge dans les pensées fictives du champion. Le récit alterne les passages entre présent et passé, entre réalités et fiction. Il évoque la jeunesse du champion dans l’Alabama et l’influence de sa mère empreinte de culture cherokee, dans le contexte de la ségrégation. Puis les tourments de l’adulte, du champion adulé derrière lequel se cache un homme fragilisé par sa vie familiale tourmentée.

La boxe n’occupe pas l’essentiel des pages, où l’on évoque plutôt la situation d’une Amérique capable de célébrer un champion noir tout en méprisant sa communauté. Il est vain de vouloir faire la part des choses entre réalité et fiction. Il est préférable de se laisser porter par les mots justes et les phrases habilement ciselées par l’auteur.

J'entends la neige brûler Christian Montaignac
  • “J’entends la neige brûler” de Christian Montaignac (2002 JC Lattès). 250 pages. 135x215mm. Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site des éditions JC Lattès