Biographie parue le 7 février 2019 aux éditions du Sous-Sol.
Joe DiMaggio fut un joueur de baseball comme il n’en apparaît qu’une fois par décennie. Dans l’imaginaire américain, il y a d’abord eu Babe Ruth, idole des années vingt, le plus grand de tous les temps, puis il y a eu Joe DiMaggio, entre le milieu des années trente jusqu’au début des années cinquante. Il frappait la balle de manière si foudroyante qu’on l’avait appelé La Châtaigne. Quant à sa démarche particulière, elle lui valu le sobriquet de Joltin’ Joe.
Portrait de l’artiste en joueur de baseball
Dès ses premiers pas dans les ligues majeures du baseball américain, Joe DiMaggio a subjugué les foules, avec un swing inimitable et une capacité à attraper les balles les plus difficiles. Il ajoutait à une redoutable efficacité une grâce jamais observée jusqu’alors. Joe DiMaggio semblait être fait pour le baseball. En dehors des terrains, le champion était un autre homme, excessivement timide, solitaire et plutôt pingre.
L’écrivain Jerome Charyn n’est pas le premier à publier une biographie du champion. Son portrait de l’artiste en joueur de baseball étudie tant le phénomène sportif, proche de la perfection, que l’homme dont la personnalité manque parfois de saveur. Il s’est appuyé sur cette dualité pour écrire son essai, découpé en deux parties distinctes : le joueur et l’amant diabolique.
Car il existe deux Joe DiMaggio dans l’imaginaire collectif : le champion de baseball pour qui Charyn ne manque pas d’éloges, puis après la fin de sa carrière, l’homme qui épousa la plus belle femme du monde, l’actrice Marilyn Monroe. Ce couple idyllique bouleversa le cœur de l’Amérique.
L’inconsolable amant de Marylin Monroe
Charyn, qui est par ailleurs l’auteur de « Marylin, la dernière déesse » publié en 2007 aux Découvertes Gallimard, explique que la rencontre des deux étoiles est l’issue d’un calcul de l’actrice, qu’il dépeint avec plus de cynisme qu’on ne lui en trouve dans d’autres biographies. Tout comme pour Joe DiMaggio, l’auteur n’hésite pas à mettre quelques défauts en avant au risque de dégrader les icônes. Il leur donne en contrepartie plus de profondeur humaine.
Les relation entre l’actrice et le champion furent brèves. Leur mariage fut un désastre, mais les deux êtres se vouèrent longtemps un amour fou et sincère, à tel point qu’un nouveau mariage était envisagé. Mais la mort de l’actrice, en 1962, mit cruellement fin au projet. Joe DiMaggio ne s’en remit jamais vraiment.
La star d’Hollywood avait capté la lumière du champion, mais quand elle s’en alla, il ne restait plus de Joe DiMaggio qu’une silhouette aux cheveux blancs, déformée par la scoliose. L’ancien champion restait toujours vêtu de la chemise des Yankees, l’équipe qui fit sa gloire et dont il garnit le palmarès et les souvenirs.
Jerome Charyn emploie un style romancé pour raconter la destinée du champion, laquelle croisa celle d’une autre étoile de la pop-culture américaine. Les notes de bas de page démontrent qu’il s’appuie sur des récits de référence avec une certaine rigueur historique. Le style passe du lyrisme, quand l’auteur décrit les exploits du champion, aux descriptions plus cliniques, quand il raconte l’homme et ses tourments. La traduction est assurée par Marc Chénetier.

- « Joe DiMaggio, portrait de l’artiste en joueur de baseball » de Jerome Charyn (2019 éditions du Sous-Sol/Seuil). Traduction de Marc Chénetier. 190 pages. 140x210mm. Disponible dans toutes les bonnes librairies.
















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