Roman publié en 2016 aux éditions Stock
Tout le monde n’a pas la chance de naître du bon côté de l’histoire. Vincent Duluc, par exemple, est né à Lyon alors que ses années d’adolescence vont célébrer l’équipe de la ville voisine et rivale. Les années soixante-dix sont en effet celles de l’AS Saint-Etienne, dont les joueurs en vert vont renverser des montagnes européennes et recevoir le soutien de tout un pays.
Franchir le rubicon
Plutôt que de ruminer sa frustration, le futur journaliste de L’Equipe décide de franchir le rubicon et de se rendre à Geoffroy-Guichard pour mieux suivre ces fascinants Stéphanois. Le gamin de treize ans à la tignasse blonde qui le fait ressembler « à un joueur tchécoslovaque dégingandé » opte pour la nationalité stéphanoise et se rêve Ange vert « aux boucles brunes cascadant au ras des épaules« .
« Un Printemps 76« , publié aux éditions Stock, est le deuxième roman de Vincent Duluc. De sa plume réputée, le journaliste se mue en romancier et égrène ses souvenirs d’adolescence. Il y confronte ses douleurs personnelles et sa fascination pour une équipe de football devenu phénomène de société.
Une passion populaire
L’auteur parle de lui-même, mais aussi des principaux acteurs de l’épopée, ces joueurs venus d’un peu partout pour former une équipe unique, mais aussi les metteurs en scène : le président Roger Rocher, dont les succès renforcent la mégalomanie, et l’entraîneur Robert Herbin qui affinait autant ses stratégies qu’il s’appliquait à soigner son bronzage.
Le récit évoque surtout la ferveur incroyable, inédite, qui s’emparait du stade de Geoffroy-Guichard les soirs de Coupe d’Europe. Cette ambiance populaire, ouvrière, prolétaire, Duluc trouve les mots justes pour la décrire, délaissant la technique journalistique pour laisser s’exprimer les sensations de l’écrivain.
« Un printemps 76 » de Vincent Duluc a obtenu le prix Antoine Blondin récompensant un ouvrage original sur le sport.















Sport à lire sur Instagram