Ouvrage paru en février 2025 offert en téléchargement gratuit par l’entreprise HLSC, High Level Sport Consulting.
Le sport représente pour beaucoup un bien public doté de nombreuses vertus : il favorise la santé, forge l’éducation, facilite l’intégration et assure l’unité nationale. Cette perception repose toutefois, selon le consultant Pierre-Alain Seibert, sur une idéologie ancrée plutôt que sur des données factuelles.
Le modèle sportif remis en cause
Pierre-Alain Seibert est l’auteur de l’ouvrage “Sport : Sortir de l’illusion du bien public” qu’il présente lui-même comme la pilule de la vérité sur le sport. L’État français, à travers les fédérations de chaque discipline, s’est approprié la gestion du sport en entretenant une confusion coupable entre l’activité physique et le sport de compétition.
Or, la différence est fondamentale. Si l’activité physique est bonne pour la santé, le sport de compétition l’est beaucoup moins. De nombreuses études démontrent qu’il est associé à des manifestations de stress et d’anxiété. Le sport, dans le système actuel, ne garantit aucune sécurité à ses pratiquants.
Pour ce qui est de l’éducation et de l’intégration, Pierre-Alain Seibert insiste sur le fait que la compétition a plutôt tendance à souligner les inégalités. Le sport lui-même divise les pratiquants en catégories, en fonction de leur âge, leur sexe et leur poids. Les disciplines quant à elles sont choisies en fonction de la classe sociale. L’après-carrière des sportifs de haut niveau reste encore pour beaucoup d’entre eux synonymes de précarité.
La croyance selon laquelle le sport de compétition est forcément bénéfique pour l’individu qui le pratique produit de nombreux effets pervers. L’attractivité du sport et sa facilité d’accès dispense les fédérations d’innovations dans le domaine pédagogique, ce qui entraîne l’abandon par de nombreux jeunes. Les organisateurs oublient que tous les pratiquants ne recueillent pas forcément les bénéfices promis. Ils négligent en outre les dangers, physiologiques et psychologiques que peut présenter la compétition.
L’impact sociétal du sport est-il réel ?
L’investissement de l’État dans le sport a peu de résultats sur le plan social. Le sport de compétition semble être traitée comme un outil de communication et de prestige. Lorsqu’une équipe de France obtient de très bon résultats, ou lorsqu’un champion devient très populaire, les discours évoquent aussitôt la cohésion nationale et la naissance de vocation, ce qui ne se démontre pas forcément dans les faits.
Il est clair que les avis de Pierre-Alain Seibert détonnent dans le paysage sportif français. Il suffit de lire sur les réseaux sociaux les commentaires accompagnant les publications de promotion de l’ouvrage pour constater qu’il nage à contre-courant des idées reçues. Son travail est toutefois pertinent et a le mérite d’ouvrir le débat.
Face à ses constats, l’auteur propose une refonte du modèle sportif tricolore. Cela passe avant tout par l’abandon de l’idée selon laquelle le sport est un bien public. Le sport doit être une activité privée financée par ses pratiquants et non plus par l’Etat. Les organisations sportives doivent répondre de leurs résultats, sur le plan économique, social et environnemental. En somme, le sport doit être une activité économique autonome, fonctionnant comme une entreprise.
Le débat est lancé.

- “Sport : Sortir de l’illusion du bien public” de Pierre-Alain Seibert (2025 HLSC éditions). 144 pages. N°ISBN : 978-2-9598851-0-5. Offert en téléchargement gratuit par l’entreprise HLSC, High Level Sport Consulting.
















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