Ouvrage paru le 20 février 2025 aux éditions Bréal/Studyrama.
Le football vit une période de profonde mutation où le profit est devenu l’objectif prioritaire des dirigeants de clubs et de fédération. Un but qui dénature l’essence même du football et qui risque de lui faire perdre ce qui a toujours fait sa force, son caractère populaire et rassembleur.
Le football, une question d’identités
Dans son dernier ouvrage, le sociologue Daniel Ollivier s’est efforcé de redéfinir ce qui constitue l’identité du football, ou plutôt ses identités, puisqu’il en a déterminé quatre : l’identité culturelle, l’identité nationale, l’identité juridique et l’identité d’appartenance.
Contrairement à un discours ambiant, le football n’est pas un business comme un autre, pas plus que les clubs ne sont des entreprises comme les autres. Le ballon rond doit son développement à une histoire riche et complexe, constituée principalement de valeurs morales, éthiques, culturelles, transmises de génération en génération.
La ferveur qui entoure tant la pratique que le spectacle du football a permis d’organiser très tôt son développement à l’échelle mondiale. On ne rappellera jamais assez que la FIFA (et le CIO) ont été créés bien avant l’ONU et que ces instances sportives ont parfois réalisé des prouesses géopolitiques que les organisations politiques n’ont jamais pu établir.
Quand le business piétine la culture
Aujourd’hui, le football, par son succès, suscite la convoitise du monde financier. Les clubs professionnels sont devenus des sociétés commerciales de spectacles et sont soumis à des OPA, de la part de grands groupes financiers, mais aussi d’États en mal de publicité. Les logos se sont substitués aux blasons et les conseils d’administrations anonymes ont remplacé les présidents de clubs.
Le football s’est lancé dans une course au profit de plus en plus frénétique, au point que les clubs les plus riches, cherchent à s’extraire des organisations qui leur ont permis cette opulence afin de constituer une super-ligue supranationale entre grands clubs autoproclamés, afin de ne plus être dépendants de l’incertitude du sport.
Du côté des instances, on rivalise d’imagination pour transformer les grandes épreuves en machines à fric. Les phases finales de grandes compétitions s’ouvrent à de plus en plus d’équipes, non pas pour donner leur chance aux plus modestes, mais bien pour multiplier le nombre de matchs et de retransmissions TV, génératrices de revenus de plus en plus importants.
Crise de croissance et crise d’identité
Selon Daniel Ollivier, le football traverse non pas une crise de croissance mais avant tout une crise d’identité. Lui-même avait établi dans un précédent livre ce qu’était l’identité de son club favori, dans “L’alchimie du jeu à la Nantaise” (Solar, 2022), oeuvre suivie par le portrait de l’entraîneur Jean Vincent, lequel fit du respect de l’identité du club la base de sa réussite.
Dans son ouvrage, paru aux éditions Bréal/Studyrama, Daniel Ollivier s’est appuyé sur des entretiens qu’il a tenu avec de grands témoins de l’histoire et de l’évolution du football : Christian Bromberger, Paul Dietschy, Pierre-Louis Basse, Pascal Blanchard, Albrecht Sonntag, Nasser Larguet, Jean-Baptiste Guégan, Wladimir Andreff, Jérôme Latta, Nicolas Hourcade, Anthony Thiodet et Thibault Leplat. Du beau monde pour implorer aux dirigeants les plus avides combien il est important de préserver l’identité du football et ses valeurs populaires.

- “Le football entre passion et business – le cocktail explosif !” de Daniel Ollivier (2025, Bréal/Studyrama). 284 pages. 140x200mm. 15,00 €. Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site des éditions Bréal Studyrama.
















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