Roman paru le 19 août 2026 aux éditions JC Lattés.
Une jeune fille munie d’une raquette renvoie la balle contre un mur. Elle frappe inlassablement. Elle rêve de devenir championne de tennis. Mais ce n’est pas un rêve de midinette. Elle voit dans le sport un moyen de sortir de sa condition. Alors elle frappe la balle, inlassablement.
Devenir championne
Elle veut fuir sa famille : un père violent, une mère excessive, une sœur résignée. Elle frappe la balle comme pour repousser le mur devant elle. Avec force et avec rage. Elle veut fuir sa condition, son environnement.
Elle veut fuir l’hostilité qu’elle ressent. Envers elle-même, envers les jeunes filles, envers les femmes. Elle veut devenir championne et ainsi dépasser la domination masculine. Elle veut devenir libre, libre d’aimer comme elle l’entend.
Alors elle frappe la balle. Elle cogne, inlassablement. Le roman de Nina Bouraoui raconte à la première personne l’aspiration d’une jeune fille (son âge est indéterminé) à sortir de sa condition. La balle qu’elle renvoie contre le mur n’est pas un jeu. C’est l’expression d’une colère en même temps que l’espoir de changer le cours de sa vie.
Le geste sportif en métaphore de survie
L’autrice a choisi une écriture serpentine. Le récit est rythmé par les coups de raquette et les balles que renvoie le mur. Le texte est marqué par des répétitions, des ressassements, des digressions, parfois même des confusions. Le style se veut obsédant, tendu vers un seul objectif. Il tient le lecteur en apnée.
L’histoire n’est composée d’aucun chapitre. Le roman est construit sur un secret qui est peu à peu révélé au fil des pages. C’est un texte puissant, qui prend à la gorge. Le geste sportif y est utilisé comme métaphore de la survie et la discipline sportive comme un espace de liberté. C’est un cri de rage.

- “Championne” de Nina Bouraoui (2026, J.-C. Lattès). 360 pages. ISBN:9782709676236. Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site des éditions JC Lattès.













