Biographie romancée parue le 9 octobre 2008 aux éditions de Minuit.
Dans son désir d’écrire une série de biographies romancées sur de grands hommes, et après un premier tome, “Ravel” (2006), consacré, au grand compositeur, l’écrivain Jean Echenoz a souhaité raconter la vie d’un grand sportif. La personnalité d’Emil Zátopek s’est alors imposée à lui.
La locomotive tchécoslovaque
Le champion tchécoslovaque est une grande figure des années 1950. Spécialiste du demi-fond, il a remporté quatre médailles d’or olympiques et battu plusieurs records du monde sur 5.000 et 10.000 mètres. Emil Zátopek a surtout marqué les esprits lors des Jeux d’Helsinki en 1952 où il remporte le 10.000 mètres, le 5.000 mètres puis le marathon.
L’écrivain a choisi de s’approprier la figure de l’athlète en francisant son prénom, Émile, et en n’employant que très rarement son nom. La biographie devient roman bien qu’aucun élément ne soit inventé. Echenoz déroule son récit sans donner de dates ni de chiffres précis pour mesurer les performances du champion.
Le récit prend naissance lors de l’occupation de la Moravie par les nazis. Echenoz donne quelques indications historiques pour appréhender le contexte mais se concentre essentiellement sur son héros Émile qui découvre la course à pied, presque à son corps défendant, et qui y trouve, à sa grande surprise, du plaisir.
Une biographie romancée
Ce qui distingue Zátopek de ses pairs sont ses méthodes d’entraînement. Le Tchécoslovaque travaille seul et invente ses propres méthodes. Sur la piste, son style est loin d’être académique. Ses grimaces semblent exprimer une grande souffrance.
Lorsque les Russes viennent libérer la Tchécoslovaquie, Emile a déjà acquis une petite réputation sur les pistes. Lorsqu’il s’engage dans l’armée, celle-ci s’efforcera de favoriser sa carrière sportive, le gouvernement souhaitant utiliser le champion à des fins de propagandes. Emile joue le jeu sans se poser de questions. Il peut courir sur toutes les pistes du monde et glaner records et médailles.
Devenu un héros national et probablement le Tchécoslovaque le plus connu du monde, Zatopek connaîtra pourtant, après la fin de sa carrière, une vie tourmentée. Ayant pris position en faveur d’Alexander Dubček, figure de proue du printemps de Prague, il se retrouve dans le viseur du pouvoir communiste lorsque celui-ci reprend la main après la répression d’août 1968. Il se retrouve à travailler dans les mines d’uranium de Jáchymov pendant sept ans.
La biographie romancée de Jean Echenoz remportera en 2008 le Grand Prix de littérature sportive de l’Association des écrivains sportifs.

- “Courir” de Jean Echenoz (2008, éditions de Minuit). 144 pages. 137x190mm. Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site des éditions de Minuit.
















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