Vladislav Tretiak Entre Moscou et Montréal 1987

ENTRE MOSCOU ET MONTRÉAL (Vladislav Trétiak)

Autobiographie publiée en 1987 aux éditions de l’Homme (Québec). Préface de Wayne Gretzky. 

Le hockey sur glace a connu son âge d’or dans les années 1970 lorsque les tensions politiques conditionnaient les grandes confrontations internationales sur la glace. Sport numéro un du Canada, largement pratiqué et suivi aux Etats-Unis, le hockey sur glace l’était tout autant en Union Soviétique et dans les pays d’Europe de l’Est. Quelle autre discipline pouvait alors confronter symboliquement les deux blocs de la guerre froide ?

Un héros de la série du siècle

En septembre 1972, une série de rencontres opposa les sélections du Canada et de l’URSS. Huit matchs hors du temps destinés à déterminer la meilleure nation mondiale de hockey sur glace. L’Union Soviétique raflait tous les titres mondiaux et olympiques, mais le Canada ne pouvait rivaliser puisque les joueurs professionnels étant interdits dans le giron de la FIHG, fédération internationale de hockey sur glace. 

De l’avis des spécialistes, la Canada et ses professionnels issus de la NHL, la ligue professionnelle nord-américaine, devait largement remporter la série. Or, lors de la première rencontre au Forum de Montréal, les joueurs soviétiques opposent un jeu fin qui époustoufle le public. L’URSS l’emporte 7-3 et le héros du match est le gardien Vladislav Tretiak.

Âgé de vingt ans, le jeune gardien réalise de nombreux arrêts sur les tirs de Phil Esposito, Yvan Cournoyer ou Frank Mahovlich. Tout au long de la série, malgré la pression et l’hostilité d’un public parfois vindicatif, il fait preuve d’un calme et d’une solidité remarquables. Et même si le Canada finit par l’emporter, grâce notamment au but historique de Paul Henderson dans le dernier match, Tretiak demeure l’une des figures majeures de cette série historique.

Du CSKA à Poutine en passant par la NHL

Formé au CSKA Moscou, le club de l’Armée rouge, Tretiak n’a jamais eu la liberté d’aller jouer en NHL. Il n’en reste pas moins considéré comme l’un des plus grands gardiens de l’histoire de sa discipline, l’équivalent d’un Lev Yachine au football. Trois fois médaillé d’or olympique (1972, 1976, 1984) et dix fois champion du monde, il s’est imposé dans les esprits par son style souple, novateur, fondé sur l’anticipation et la lecture du jeu.

Dans son autobiographie publiée en 1987, c’est-à-dire trois ans après la fin de sa carrière, Vladislav Tretiak revient avec humilité sur ses exploits et dévoile les coulisses des grandes rencontres internationales où l’enjeu politique était aussi fort que l’enjeu sportif. Le gardien, tout en étant un homme du système (statut militaire et carte du Parti), se montre lucide sur les absurdités qu’il a vécues. Il évoque la pression des dirigeants politiques, les entraînements surhumains, les voyages surveillés et la frustration de ne pouvoir répondre aux offres des franchises de NHL. 

L’ouvrage, d’abord publié en Anglais et intitulé “Tretiak the legend” (Plains Publishing Inc) puis traduit en Français sous le titre “Entre Moscou et Montréal”, préfacé par Wayne Gretzky et publié aux éditions de l’homme une maison d’édition québécoise, a été publié avant la chute de l’URSS et n’évoque pas, bien entendu la suite de la carrière du champion. Celui-ci profitera de la nouvelle ère pour vivre enfin son rêve américain et devenir entraîneur de gardiens à Chicago. Il se lancera ensuite en politique. Soutien de Vladimir Poutine, il sera élu à la Douma et comme président de la fédération russe de hockey sur glace. C’est lui qui allumera la flamme des Jeux de Sotchi en 2014 en compagnie de l’ancienne patineuse artistique Irina Rodnina.

Vladislav Tretiak Entre Moscou et Montréal 1987
  • “Entre Moscou et Montréal” de Vladislav Trétiak (1987, éditions de l’Homme). 96 pages. 155x227mm. Probablement disponible dans de bonnes librairies canadiennes, en version française ou anglaise.