Jean-Paul Vespini "Le vélo sous l'Occupation"

LE VÉLO SOUS L’OCCUPATION (Jean-Paul Vespini)

Ouvrage paru le 19 août 2026.

Au-delà de la pratique sportive, le vélo est aussi un moyen de transport. En toute époque, par effet de mode ou par nécessité, il accompagne le quotidien des Français. Ce fut particulièrement de cas pendant les années d’Occupation, comme le développe l’auteur-journaliste Jean-Paul Vespini dans son ouvrage “Le vélo sous l’Occupation” paru aux éditions Arthaud.

Le vélo arme de guerre et symbole de résistance

A travers une quarantaine de chroniques, l’auteur souligne la place de la bicyclette dans le quotidien des Français entre 1940 et 1944. Son récit s’appuie notamment sur la lecture d’articles de la presse de l’époque. Il rappelle que le vélo fait partie du quotidien des Français depuis le milieu des années 1930. Dix millions de bicyclettes seraient en circulation sur le territoire national durant cette période.

Mais c’est avec l’exode de mai-juin 1940 provoqué par l’invasion allemande que son usage prend une ampleur nouvelle : des millions de Français fuient sur les routes, et la bicyclette devient un moyen privilégié de se déplacer. L’exemple est donné par les Belges débarqués à Paris sur deux-roues après que l’armée allemande ait conquis le plat pays. 

Durant l’Occupation, les restrictions d’essence et les réquisitions de véhicules font disparaître progressivement des rues les voitures et les motos, laissant place aux bicyclettes. Se déplacer, aller travailler, se ravitailler : la bicyclette devient un outil de survie au quotidien. 

Sous le contrôle de Vichy

Cette importance n’échappe pas aux autorités. Le gouvernement de Vichy décide de recenser les vélos, de les immatriculer et de les taxer. L’usage nocturne du vélo est interdit. Plus grave, les personnes juives se voient interdire l’usage de la bicyclette, une mesure inscrite dans l’ensemble des dispositions discriminatoires prises à leur encontre durant cette période. Le vélo, simple objet du quotidien, devient ainsi un instrument du contrôle social exercé par le régime.

Le vélo joue également un rôle central dans la Résistance. Il permet de transporter des personnes, du matériel et des informations, tout en passant inaperçu. L’auteur en profite pour rendre hommage au rôle joué par les femmes dans la Résistance, nombre d’entre elles ayant utilisé la bicyclette comme couverture pour leurs activités d’agentes de liaison. 

Au fil des chroniques, le quotidien des Français croise celui de figures majeures de la période, parmi lesquelles Louis Aragon, Paul Éluard, Jean-Paul Sartre ou René Char. Ces évocations permettent à l’auteur de replacer l’usage du vélo dans un contexte plus large, celui de la vie intellectuelle et littéraire sous l’Occupation.

Le cyclisme dans l’histoire

L’ouvrage débute par un épisode cocasse où une course cycliste est interrompue par des résistants qui dérobent leurs machines aux coureurs, illustration de l’objet sportif transformé en usage lié aux enjeux du conflit.

Jean-Paul Vespini est l’auteur de nombreux ouvrages historiques sur le cyclisme, notamment des biographies de champions tels Gino Bartali, ou des récits de grandes courses, en particulier le Tour de France

Le vélo sous l’Occupation” apporte un éclairage original sur la période 1940-1944 à travers un objet du quotidien devenu tour à tour un moyen de survie, un instrument de répression puis une arme de la Résistance

Jean-Paul Vespini "Le vélo sous l'Occupation"
  • “Le vélo sous l’occupation” de Jean-Paul Vespini (Arthaud 2026). 320 pages. 135x220mm. ISBN:9782080512352. EAN : 9782080512352. Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site des éditions Arthaud

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