Tabarly (Benoît Heimermann)

TABARLY (Benoît Heimermann)

Biographie parue le 13 mars 2002 aux éditions Grasset.

« C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme » avait chanté Renaud sans imaginer alors tracer le destin d’Éric Tabarly. Bertrand Poirot-Delpech, de l’Académie Française, rendra un hommage plus nuancé : « Éric a été jeté à l’eau par son merveilleux gréement comme on peut être mordu par son propre chien« .

Une légende de la voile

Le 13 juin 1998, alors qu’elle se passionne pour la Coupe du monde de football qui vient de débuter sur ses terres, la France apprend avec stupeur la disparition d’Éric Tabarly la nuit précédente. Au large des côtes du Pays de Galles, le pic de la voile aurique du Pen Duick l’a précipité dans une eau froide dont il n’a pas réussi à s’extraire. Son corps ne sera repêché qu’au mois de juillet.

Éric Tabarly était de son vivant une légende de la mer et celle-ci l’a englouti. Des funérailles nationales sont organisées pour l’officier de la Marine nationale, âgé de 67 ans, honoré à juste titre comme le plus grand skipper de l’histoire de la voile française.

C’est en 1964 que le jeune officier de marine se fait un nom dans le domaine du sport en remportant la Transat anglaise (traversée de l’Atlantique d’est en ouest) dans une spécialité jusqu’alors réservée aux Britanniques. Non seulement Tabarly fait la fierté des Français, mais il forme toute une génération de skippers parmi lesquels Alain Colas, Olivier de Kersauson, Marc Pajot, Titouan Lamazou, Philippe Poupon, Michel Desjoyeaux, Jean Le Cam…

Un portrait inattendu

Lors de l’été 1999, un an après sa mort, L’Équipe Magazine consacre son feuilleton de l’été au skipper disparu. La tâche est confiée au grand reporter Benoît Heimermann qui mène une enquête auprès de nombreux témoins. Trois ans plus tard, le journaliste revient avec un ouvrage encore plus conséquent publié chez Grasset.

L’auteur dresse le portrait précis et parfois inattendu de l’homme qui se cachait derrière le champion, peu expansif. On découvre que l’officier a connu de nombreux échecs tant dans sa vie que sa carrière sportive. Il est notamment décrit comme un piètre financier, peu enclin à dépenser le moindre sou ni à accorder sa confiance au premier venu. L’ouvrage ne manque toutefois pas de rendre hommage à l’immense champion dont le prestige connait peu d’équivalent dans d’autres disciplines.

Tabarly (Benoît Heimermann)
  • « Tabarly » ou « Tabarly, l’homme de granit » de Benoît Heimermann (Grasset 2002). 380 pages. 14cm x 22cm. Disponible dans toutes les bonnes bibliothèques et sur le site de l’éditeur Grasset. Disponible en poche aux éditions Le Livre de Poche.
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