Autobiographie initialement publiée le 4 juin 1997 aux Editions de Fallois. Rééditée en juillet 1998.
En 1997, Éric Tabarly, âgé de soixante-six ans, pensait avoir mis sac à terre avant qu’Yves Parlier ne lui propose de l’accompagner dans la Transat Jacques-Vabre. Une ultime course que le plus grand des marins remportera pour compléter un palmarès impressionnant.
De Pen Duick à Pen Duick
C’est alors que Éric Tabarly est en pleine préparation de cette course que les éditions de Fallois publient ses “Mémoires du large”. Le marin a déjà publié un grand nombre d’ouvrages, de sa “Victoire en solitaire” chez Arthaud en 1964 à “Pen Duick” en 1989 aux éditions Ouest-France, en passant par plusieurs récits de courses, des journaux de bord, des ouvrages pédagogiques et des guides techniques.
On a souvent reproché à Tabarly une écriture sèche et trop technique, plus destinée à ses pairs qu’au grand public. “Mémoires du large” vient à point nommé pour aller à l’encontre de ces reproches. Le marin raconte sa vie dans une écriture claire et abordable, qui ne manque pas d’humour ni de précision.
De son enfance sur les plages de Préfailles occupées par les militaires allemands jusqu’aux courses au large, en passant par son premier Pen Duick et la conception des navires qui suivront, Éric Tabarly nous emmène à son bord avec une éloquence que le grand public lui connaissait peu. Le silencieux sort de sa réserve et raconte son enfance, ses années d’apprentissage, l’École navale, le Maroc, l’Indochine…
Mais la vie de Tabarly, c’est avant tout le Pen Duick, ce vieux cotre à moitié pourri que son père a acheté mais dont le marin ressent une âme dès qu’il monte à son bord. Tabarly mettra toute son énergie à retaper le navire pour lui rendre sa splendeur passée : “Sans moi, il ne serait plus qu’une épave. Sans lui, ma vie aurait été différente.«
La légende de la course au large
En juin 1964, le skipper inconnu devient une vedette quand il remporte sans le savoir la Transat anglaise devant Francis Chichester. La course au large, jusqu’alors chasse gardée des britanniques, devient une spécialité française. Non content d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur par le Général de Gaulle, Tabarly embarque à son bord quelques équipiers qui ne négligent pas ses conseils et assureront son héritage. Ils ont pour noms Lamazou, Kersauson, Poupon, Coste, Colas…
Avec Tabarly, c’est l’histoire de la voile française, dans la deuxième partie du XXe siècle, qui est contée par son capitaine de bord : les grandes courses mais aussi les innovations techniques qui ont fait des bateaux de plus en plus rapides pour affronter les océans. Si le marin a fait l’objet de plusieurs biographies, dont la plus rigoureuse est celle de Benoit Heimermann, il est tout aussi passionnant de lire ou relire les mémoires du principal intéressé.
Éric Tabarly est mort en mer dans la nuit du 12 au 13 juin 1998, alors qu’il naviguait vers l’Ecosse, frappé par la corne d’une voile au cours d’une manœuvre. Les éditions du Fallois ont alors réédité ses Mémoires du large. La France fêtait alors la Coupe du monde de football, mais n’oubliait pas de rendre hommage à l’un des plus grands champions de son histoire.

- “Mémoires du large” de Éric Tabarly (éditions du Fallois, 1997/1998). 368 pages. 150x225mm. Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site des éditions de Fallois.
















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