Astérix aux Jeux olympiques (1968)

ASTÉRIX AUX JEUX OLYMPIQUES (Uderzo & Goscinny)

Bande dessinée publiée en 1968 en album aux éditions Dargaud après avoir été prépubliée dans Pilote. Réédité avec une nouvelle couverture en 2008.

Nous sommes en 1968 après JC et la France est encore loin d’imaginer qu’elle va connaître un mois de mai agité. Toute la France se focalise sur Grenoble où sont organisés les Xes Jeux d’hiver. La ferveur olympique a gagné tout le pays, y compris le journal Pilote qui publie dans son numéro du 15 février 1968 le premier épisode d’Astérix aux Jeux olympiques, XIIes aventures du guerrier gaulois imaginé par Goscinny et Uderzo.

Astérix à Olympie

C’est quoi au juste les Jeux olympiques ?” demande le chef Abraracourcix dans une case de la septième planche. Et le druide Panoramix de répondre les Jeux du stade, Olympie, la trêve sacrée… René Goscinny confirmera que l’idée de l’histoire lui est venue avec l’imminence de l’année olympique 1968, celles des Jeux de Grenoble et de Mexico.

Cette aventure est l’occasion de faire découvrir un nouveau pays à Astérix et ses amis : la Grèce, berceau de la civilisation européenne. Albert Uderzo en profite pour dessiner le Parthénon d’Athènes dans un état neuf, mais aussi le stade d’Olympie et ses principaux édifices.

C’est l’ensemble du village qui fait le déplacement, du moins l’ensemble des hommes puisque les femmes restent au pays. Bonemine, la femme du chef, aura d’ailleurs « tout à coup l’impression que cette histoire manque d’hommes« , comme un petit tacle des auteurs à l’attention de celles et ceux qui reprochent le peu de places accordées aux femmes dans les grands titres de la bande dessinée de l’époque.

Astérix, sportif accompli

En suivant l’épopée des garçons du village chez les Héllènes, Goscinny et Uderzo en profitent pour égratigner le tourisme de masse naissant avec les voyages organisés qui satisfont peu leurs usagers, avec notamment la visite de monuments dont l’intérêt ne dépasse jamais celui des étapes culinaires.

Et le sport dans tout ça ? Les Jeux olympiques ne démarrent vraiment qu’à la moitié de l’album où l’on assiste à l’entraînement des athlètes grecs et romains. Astérix, qui doit participer aux épreuves, s’entraine peu, car il fait confiance à la potion magique qui lui donne une force surhumaine. Ce que les Gaulois n’avaient pas appréhendé, c’est que la lutte anti-dopage est déjà en vigueur dans ces jeux de l’Antiquité.

Que l’on se rassure, le petit gaulois saura utiliser la ruse et retourner la situation à son avantage. Le fait de le voir en dernière page sur la plus haute marche du podium ne nous surprend pas. Astérix est un grand sportif et le monde du sport ne lui est pas étranger : N’a-t-il pas subi sans broncher un entraînement de haut niveau dans « Astérix gladiateur » ? N’a-t-il pas fait l’entraîneur d’Abraracourcix engagé sur le ring du « Combat des chefs » ? N’a-t-il pas traversé un stade de rugby pour récupérer un tonneau de potion magique dans « Astérix chez les Bretons » ?

Par ailleurs, l’image d’Astérix a été utilisée pour la candidature de Paris à l’organisation des Jeux olympiques de 1992. La boucle aurait été bouclée si le CIO avait retenu le dossier de la capitale parisienne…

La plus haute marche du podium

Coincé entre « Le bouclier arverne » et « Astérix et le chaudron« , le douzième album d’Astérix est un classique de la série. C’est celui où s’affirme le vieillard Agecanonix, fort discret jusqu’alors. Et où pour la première fois est remise en cause la potion magique, que certains assimilent à une drogue. Une drogue sans effets secondaires ni accoutumance certes, mais un produit qui décuple les forces.

Il va sans dire que l’on préférera largement la bande dessinée à sa consternante adaptation au cinéma réalisée par Frédéric Forestier et Thomas Langmann en 2008, tellement éloignée de l’esprit de Goscinny et Uderzo. A cette occasion, les éditions Hachette ont publié une édition de l’album limitée à 100.000 exemplaires avec un dessin de couverture différent de l’original.

En 2013, les éditions Atlas ont publié un volume des Archives Astérix où aux XLIV planches de la BD s’ajoutent autant de pages de documentation et d’archives sur le travail des auteurs et le contexte de la BD. Coûteux, certes, mais passionnant.

  • « Astérix aux Jeux olympiques » de René Goscinny et Albert Uderzo (Dargaud, 1968). 44 planches.

A propos d’Astérix, d’Uderzo, de Goscinny et des Jeux olympiques

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