Biographie parue en 2019 aux éditions La Geste, rééditée en auto-édition le 14 novembre 2025. Préface de Eugénie Le Sommer.
Le nom d’Alice Milliat est aujourd’hui unanimement salué dans le monde du sport et au-delà. La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques 2024 a rendu hommage à la Nantaise en faisant apparaître sa silhouette parmi dix statues de femmes puissantes qui ont fait avancer l’histoire. La Poste Française a également édité un timbre à son effigie.
La pasionaria du sport féminin
Cette reconnaissance, après de longues décennies d’oubli, doit beaucoup à André Drevon, auteur d’une première biographie, dès 1982, de la “Pasionaria du sport féminin”, puis au spécialiste de l’histoire olympique Stéphane Gachet, auteur en 2019 des “vingt ans qui ont fondé le sport féminin”. Quelques années plus tard, celui-ci interpela Tony Estanguet, patron des JO 2024, en lui proposant, à l’occasion d’un déplacement à Nantes, de faire un détour au cimetière Saint-Jacques où repose la dame qui a fait plier le baron de Coubertin.
Depuis, Alice Milliat a fait l’objet de quelques ouvrages complémentaires, notamment une nouvelle biographie signée Sophie Danger parue en avril 2024 aux éditions Les Pérégrines, sans oublier le docu-BD des éditions Petit à Petit paru en 2022 et réédité en 2024.
Stéphane Gachet effectue par ailleurs d’importantes recherches sur les Français médaillés aux Jeux olympiques depuis leurs origines. Son ouvrage sur Alice Milliat apporte de nombreux éléments biographiques issus de ses recherches auprès de ses héritiers indirects (Alice Milliat n’a pas eu d’enfants) et de la Fondation qui porte le nom de la militante. Outre les éléments de son parcours, il en dressé un portrait.
Alice Milliat, pionnière olympique
Alice Milliat n’était pas vraiment une femme de son temps. Dans une société encore largement patriarcale, l’ambition raisonnable d’une femme devait se limiter à devenir une épouse et une mère. La Nantaise, bien au contraire, s’est affranchie des codes pour vivre sa vie telle qu’elle l’entendait, notamment servir la cause du sport féminin.
Sa vie entière, publique comme privée, a été une succession de choix peu courants. Elle s’exile en Angleterre dès la fin de son adolescence, s’y marie loin de sa famille et lorsqu’elle devient veuve, quatre ans plus tard, choisit de ne pas refaire sa vie et donc de s’assumer financièrement.
Il lui faut alors une certaine bonne dose de caractère pour subir les railleries, souvent violentes, de la gent masculine, et pour faire plier les nombreuses fédérations et comités olympiques jusqu’alors hostiles au sport féminin.
Une femme de caractère
Alice Milliat était une forte personnalité, souvent décrite comme autoritaire, voire irascible et dictatoriale. Sa détermination et des soutiens de plus en plus importants lui permettront de parvenir à ses fins, celles de voir des femmes concourir officiellement aux Jeux olympiques. Un combat qui a sans doute pesé sur sa santé, et qui l’a poussé à prendre du recul, au point d’être quasiment oubliée de son vivant, et d’être décédée, en 1957, dans la discrétion la plus totale.
Stéphane Gachet a réédité son ouvrage en 2025 et revient sur le parcours extraordinaire de celle sans qui les grandes championnes de l’histoire olympique auraient probablement dû attendre quelques décennies supplémentaires pour briller aux côtés de leurs homologues masculins. On peut d’ailleurs considérer que Kirsty Coventry, première femme présidente du CIO, élue en mars 2025, est une héritière directe du combat d’Alice Milliat.

- “Alice Milliat, les vingt ans qui ont fondé le sport féminin” de Stéphane Gachet (La Geste, 2019, réédité en 2025 en auto-édition). Préface de Eugénie Le Sommer. 138 pages. 140 × 215 mm. 18,99 €. Disponible dans toutes les bonnes librairies.

















Sport à lire sur Instagram