Le Football ombre et lumière (Eduardo Galeano)

LE FOOTBALL, OMBRE ET LUMIÈRE (Eduardo Galeano)

Version française parue en 1997 aux éditions Climats.

Quand Eduardo Galeano a écrit « Futbol a sol y sombra« , l’Amérique du Sud créait son marché commun, le Mercosur. De vives tensions opposaient l’Equateur et le Pérou pour le contrôle de la cordillère du Condor alors que l’armée mexicaine tentait de reconquérir les territoires du Chiapas. Le pape Jean-Paul II attirait plus de quatre millions de personnes à Manille où se tenaient les Journées mondiales de la jeunesse. La France se lançait dans une campagne d’essais nucléaires sur les atolls de Moruroa et Fangataufa dans le Pacifique. De source bien informée, on annonçait la chute imminente de Fidel Castro, ce n’était plus qu’une question de jours.

Mendiant de bon football

L’Uruguayen Eduardo Galeano (1940-2015), écrivain, journaliste et essayiste, avait publié son œuvre majeure en 1971 « Les Veines ouvertes de l’Amérique latine » où il dénonçait le pillage des ressources de l’Amérique du Sud. Vingt-quatre ans plus tard, c’est un livre entièrement consacré au football qui lui assura un regain de notoriété, « Le football ombre et lumière« .

Le football a toujours passionné Galeano, lequel se décrit comme un « mendiant de bon football ». S’il a également pratiqué ce jeu, il n’en fut jamais, à son grand regret, un très bon joueur. Toutefois, l’écriture lui a permis, comme il l’écrit, « … de faire avec les mains ce que je n’avais jamais été capable de faire avec les pieds ».

Il a composé « Le football ombre et lumière » en plus de deux-cents courts chapitres où il évoque les grands moments de l’histoire du jeu, les grands joueurs, les grands clubs, mais aussi l’évocation de buts grandioses, de dribbles diaboliques et de passes merveilleuses. Mais il évoque aussi les travers de l’environnement du ballon rond et ses épisodes les plus nauséeux.

Les buts ouverts de l’Amérique latine

L’histoire du football vue du point de vue sud-américain, ce n’est pas tout à fait celle qu’on connait de ce coté-ci du globe. Dans son souci constant de défendre la cause de l’Amérique du Sud, Galeano conteste, avec malice, la supériorité du football européen. Il rappelle que le meilleur joueur européen de l’histoire, Alfredo Di Stefano, était un Argentin. Il rappelle également que Eusebio était plus africain que portugais, comme il décrètera, bien après la sortie de son livre, que la meilleure équipe sud-américaine de la Coupe du Monde 1998 fut celle… des Pays-Bas et sa colonie de Surinamiens.

Galeano ne se laisse donc pas aveugler par sa passion du foot. Au contraire, il y trouve de nouvelles ressources dans son combat de l’Amérique du Sud face aux grandes puissances. Il fustige notamment les complots des Coupes du Monde disputées en Europe où tout semble fait selon lui pour déstabiliser le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay. Il reprend notamment l’exemple de la World Cup 1966 où les trois nations sud-américaines avaient été flouées par l’arbitrage.

Le Football ombre et lumière (Eduardo Galeano)

  • Le Football, ombre et lumière, d’Eduardo Galeano (Climats, 1997), traduit de l’espagnol par Jean-Marie Saint-Lu.
  • Le Football, ombre et lumière, d’Eduardo Galeano (Lux 2014), traduit de l’espagnol par Jean-Marie Saint-Lu, édition augmentée et préface de Lilian Thuram. 19 euros.

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