“Le fantôme de Stockholm” de Arnaud Ramsay (Les livres de la promenade 2026)

LE FANTÔME DE STOCKHOLM (Arnaud Ramsay)

Roman publié le 12 mars 2026 aux éditions Les Livres de la Promenade. Préface de Amélie Nothomb.

Longtemps le marathon a été l’épreuve reine des Jeux olympiques. Créée dès la première édition à Athènes en 1896, la course majuscule a couvert ses vainqueurs d’une gloire éternelle (Spiridon Louys, Michel Théato…) et célébré quelques perdants magnifiques comme l’Italien Dorando Pietri. L’histoire en revanche fait peu de cas pour les malheureux qui ont abandonné la course.

La légende du marathonien disparu

Longtemps par exemple a été oubliée l’histoire d’un concurrent disparu. Le Japonais Shizō Kanakuri a pris le départ du marathon des Jeux de 1912 à Stockholm mais n’a jamais franchi la ligne d’arrivée. Comme il n’a pas été inscrit parmi les abandons, les officiels le cherchent encore quelques jours alors que lui-même est discrètement rentré au Japon. Ce n’est que bien des années plus tard que le Japonais révélera ce qu’il s’est passé. 

L’écrivain Arnaud Ramsay avait à cœur de raconter la légende de Shizō Kanakuri. Passionné de sport, mais aussi par tout ce qui touche le Japon, il a fait de cette chronique un roman, Le fantôme de Stockholm,  publié aux éditions des Livres de la Promenade. Shizō Kanakuri est l’un des premiers athlètes japonais à participer aux Jeux olympiques. En 1912, l’Empire est invité pour la première fois à la célébration olympique et envoie deux représentants, le sprinter Mishima Yahiko et le marathonien.

Cinquante-quatre ans plus tard

A travers la mésaventure de Shizō Kanakuri, l’auteur évoque le Japon dans sa période impériale, entre 1868 et 1945. Il raconte aussi l’exaltation du jeune athlète quand il se met à courir, se transformant soudain en un autre homme. Le héros nous entraîne dans ses rêves de gloire olympique, ses entraînements, sa sélection, son voyage en transsibérien jusqu’à Stockholm. 

Il faut ensuite prendre le départ de la course sous une chaleur accablante et suivre la dérive de Shizō Kanakuri, vaincu par la fatigue puis par la honte. On le retrouvera aux éditions de 1920 et 1924, mais le Japonais restera marqué par son abandon de 1912. Tant et si bien qu’à l’âge de soixante-seize ans, il retourna à Stockholm et alla franchir symboliquement la ligne d’arrivée, afin d’être enfin en paix avec lui-même.

A l’instar du Zatopek décrit par Jean Echenoz ou du Bikila campé par Sylvain Coher, les marathoniens inspirent aux écrivains des récits enthousiasmants, chacun dans un style qui lui est propre. Le Kanakuri romancé par Arnaud Ramsay entre assurément dans cette catégorie. 

“Le fantôme de Stockholm” de Arnaud Ramsay (Les livres de la promenade 2026)