"Sports Belle Epoque" (Antoine de Baecque)

SPORTS BELLE ÉPOQUE (Antoine de Baecque)

Ouvrage publié le 1er mai 2024 aux éditions Passés Composés.

Le sport a pris une telle place dans notre société qu’on en oublierait presque que ce phénomène a connu une naissance relativement récente dans l’histoire de l’humanité. Celle-ci est communément fixée à la fin du XIXe siècle et correspond à ce qu’on appelle, tout aussi communément, la Belle Époque. 

Naissance de la passion sportive 1870-1924

L’historien Antoine de Baecque place quant à lui la naissance de la passion sportive en France entre 1870 et 1924, c’est-à-dire entre la défaite française face à la Prusse et l’organisation des Jeux olympiques de Paris. C’est à cette période que le sport est devenu à la fois l’objet d’une pratique de masse et un spectacle attirant un public nombreux. 

Il est vrai que la défaite de 1870 a fait prendre conscience aux Français de l’importance d’une bonne condition physique. La pratique sportive est alors imposée à la jeunesse dans le but à peine masquée d’une revanche future contre l’ennemi. 

Cette période riche en profondes transformations sociales voit se multiplier la création de clubs, la construction d’enceintes sportives et l’organisation de compétitions attirant un public toujours plus nombreux. La boxe, le cyclisme, la course à pied et la natation sont les premières disciplines à susciter l’engouement du public.

Des compétitions et des hommes

L’ouvrage d’Antoine de Baecque publié aux éditions Passés Composés raconte les grandes étapes qui ont façonné le sport d’aujourd’hui, tout en mettant en lumière quelques personnalités marquantes. Edmond Desbonnet (1868-1953), père de la culture physique en France, a le droit à un chapitre tout comme Pierre de Coubertin (1863-1937), rénovateur des Jeux olympiques, Yves Gallot (1863-1936), surnommé « le roi des marcheurs », et Jean Prévost (1901-1944), auteur d’un essai, Plaisir des sports, qui fera date. 

L’auteur restitue le contexte d’événements marquants tels que le marathon de Paris en 1900, la création du Tour de France en 1903 et l’organisation des Jeux mondiaux féminins en 1922, témoins d’une grande évolution du paysage sportif français et de la société toute entière.

Il évoque également l’influence de la presse dans cette évolution, à la fois juge et partie dans l’organisation d’épreuves dont elle assurera le commentaire et créera sa mythologie en élevant ses champions aux statuts de héros. Le Tour de France cycliste en est la parfaite illustration. 

Reflets d’une époque et d’une société

La culture sportive qui s’empare du pays n’est pas exempte de controverses. Le conservatisme ambiant est notamment bousculé par l’aspiration des femmes à participer aux compétitions sportives et aux épreuves olympiques, un mouvement initié par Alice Milliat et conduit non sans provocation par Violette Morris, multi-championne à la personnalité controversée. 

La compétition devient également un vecteur de nationalisme avec tous les excès que cela comporte. Pendant la première guerre mondiale, le sport devient un moyen de distraction et de maintien du moral des troupes tout en poursuivant la propagande patriotique. 

L’ouvrage de l’historien Antoine de Baecque, spécialiste de la Belle Époque, explique en des termes clairs comment le sport est passé, en quelques décennies, d’un loisir marginal à un phénomène de société. Cet angle permet d’appréhender les évolutions de l’époque sur le plan sportif mais également culturel, social et politique de la société française.

"Sports Belle Epoque" (Antoine de Baecque)
  • “Sports Belle Époque, naissance de la passion sportive 1870-1924” de Antoine de Baecque (éditions Passés Composés, 2024). 350 pages. 140x200mm. ISBN:979-1-0404-0749-2. Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site des éditions Passés Composés